Top 10 morceaux de Jazz 2015

Le plaisir du rythme, du son, d’une mélodie, le plaisir d’être surpris par quelque chose de différent, d’inattendu ou de tout simplement exceptionnel. Le désir de réécouter un morceau, encore et encore, sans jamais s’en lasser.

Voici 10 morceaux jazz à écouter en boucle, qui ont fait de 2015 une superbe année.


#10 – Cassius Lambert “Bontu”

Cassius LambertOriginaire de Abbekås, au sud de la Suède, Cassius Lambert vient de sortir son premier long format. A tout juste 20 ans (il est de 1996 !) il est bassiste, compositeur et producteur. Il a donc tout simplement écrit l’ensemble des 7 morceaux de “Quote”, et en a assuré tous les arrangements… rien que ça !

Autant dire que vu la qualité de l’album, tout le monde du jazz en Suède garde un œil attentif sur ce jeune prodige et attend avec impatience la suite.

Pour l’heure, essaye Bontu qui ouvre l’album : c’est jazz, hiphop, funk et surtout, une vraie surprise. Ce genre de morceau qui accroche dès les premières notes parce que différent, mais aussi parce que particulièrement bon.

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#9 – Tigran Hamasyan “Entertain Me”

TigranTigran Hamasyan et un pianiste Arménien. Ses compositions sont souvent fortement influencées à la fois par le folklore de son pays d’origine et le jazz contemporain. Mais on peut aussi y trouver du rock progressif, de l’electronica et bien plus.

Tigran est surtout un musicien génial : 1er prix piano et composition (à 18 ans) du prestigieux Thelonious Monk Institute of Jazz. Ce qu’il compose est donc bien plus qu’un mélange de genres, c’est l’expression personnelle d’une addition d’expériences, d’études et d’écoutes en un tout forcément hors du commun.

Entertain me est résolument rock, très rock, et de nombreux accents font de ce morceau un objet complexe et extrêmement captivant. Ecoute, et tu seras aussi séduit.

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#8 – Kamasi Washington “Change of the Guard”

KamasiKamasi Washington est né à Los Angeles, en Californie. C’est en terminant ses études au département d’ethnomusicologie à l’UCLA qu’il a rencontré nombre des musiciens avec lesquels il jouera ou collaborera par la suite. C’est l’une des forces de Kamasi que d’ouvrir le jazz et créer des liens avec d’autres genres, comme avec Kendrick Lamar, Thundercat, Flying Lotus.

L’album “The Epic” est, comme son nom l’indique, épique. Ce qui surprend, c’est ce mélange de sons et de genres, puisés dans 50 ans de jazz. Et ce qui surprend encore plus c’est que ce mélange donne quelque chose de nouveau et de fort et qui définitivement ne sonne pas comme avant. Une vraie magie.

Le morceau Change of the Guard en est un sommet : il va falloir que tu t’assoies bien confortablement car te voilà sur le point de partir pour un voyage intergalactique de 12 minutes, façon Star Trek, où toutes les contrées te sembleront familières et pourtant différentes, comme si Kamasi t’avait fait passé dans un monde parallèle. Et dans ce monde-là, le jazz est grandiose !

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#7 – Oddjob “Folk No. 6”

OddjobEn 1965, certains des meilleurs musiciens de jazz de Suède ont été commissionnés pour arranger de la musique traditionnelle suédoise en vue d’une émission de radio et ont eu accès aux archives avec des enregistrements folkloriques uniques.

Cinquante ans plus tard le groupe de jazz suédois Oddjob explore à nouveau les archives du Centre Suédois des Musiques Folkloriques et enregistre sept compositions au printemps 2015, toutes basées sur des enregistrements d’anciennes musiques pastorales suédoises. Le résultat est ce que vous pouvez entendre sur cet album justement nommé “Folk”.

Oddjob, ce sont Goran Kajfes, Per “Ruskträsk” Johansson, Daniel Karlsson, Peter Forss & Janne Robertson. C’est un groupe passionnant que tes enfants ont peut-être même découvert avant toi grace à Jazzoo (le “Pierre et le Loup” du Jazz).

Folk No.6 est pour moi le morceau le plus fort de l’album. Lors de la première écoute ce n’est sûrement pas celui qui ressort le plus, mais c’est à mon goût celui qui exprime le mieux les oppositions entre cet avant et aujourd’hui, les instruments entre eux (au sein du groupe), et un piano qui au milieu navigue furieusement entre ces mondes et ces temporalités pour créer un lien. Et c’est la force de ce lien chaotique qui se structure qui me captive.
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#6 – Ibrahim Maalouf “Essentielles”

Ibrahim MaaloufVictoire de la Musique dans la catégorie Meilleur album de musiques du monde en 2014, Ibrahim Maalouf n’est plus à présenter – mais si tu veux, voici sa bio.

« Red & Black Light » « est une ode à la femme d’aujourd’hui et à son rôle fondateur et fondamental pour espérer un avenir meilleur » souligne Ibrahim. Ok – je dois dire que cette trame ne m’a pas frappée à l’écoute de l’album.

Mais Essentielle, si. Une grande claque même ! C’est dense, très dense. C’est tendu et c’est épique, fort comme une chevauchée. La trompette est somptueuse et la rythmique juste ahurissante. La simplicité de la complexité fait de ce morceau un bijou sonore qui revigore et réjouit. Si je dois un jour affronter un évènement plus grand que moi, c’est ce morceau que j’écouterai pour m’y rendre.

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#5 – Orchestre National de Jazz – Olivier Benoit “Révolution”

ONJazzL’Orchestre national de jazz (ou ONJ) est un orchestre de jazz français créé en 1986 à l’initiative de Jack Lang, alors ministre de la Culture. L’orchestre est placé sous la direction d’un chef d’orchestre nommé pour une durée limitée. C’est le guitariste et compositeur Olivier Benoit qui a en pris la direction en Janvier 2014, pour 4 ans, avec une mission d’ouverture à l’international et notamment une résidence itinérante dédiée à des grandes villes européennes, de décloisonnement des genres (cf Wikipédia)

Un premier opus nous avait déjà régalé (« Europa Paris » en 2014), et cette année c’est une majestueuse confirmation qui est faite avec « Europa Berlin ». L’inspiration est venue en se plongeant dans la ville (Berlin donc), dans son atmosphère, dans son architecture, dans ce qu’elle peut insuffler et raconter d’une histoire forte et contrastée.

Ce morceau Révolution en est un parfait représentant. C’est fort, c’est hypnotique, mais avec une histoire, des caractères qui s’expriment, qui dissonent, qui font s’éveiller ou réagir d’autres. C’est free jazz, comme doit l’être une révolution, mais habilement minimaliste et électronique. Je croise les doigts pour un Europa Stockholm en 2016 :)

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#4 – Vijay Iyer Trio “Hood”

Vijay IyerD’origine indienne, Vijay Iyer est née aux Etats Unis. C’est un scientifique (études à Yale et Berkeley), mais surtout un musicien hors pair qui tourne, compose et est mondialement reconnu depuis déjà pas mal d’années (peut-être avais-tu aussi été enivré par “Human Nature”). Sa force vient sûrement de ce mixe de cultures (Indienne et Américaine), de 15 ans d’études classiques du violon, mais autodidacte au piano, et de son confort en mathématiques et physique.

L’album “Break Stuff” est tout simplement à tomber par terre – et sera aussi l’objet d’un prochain post avec les 5 albums Jazz 2015. Le projet de ce long format étant de jouer avec les rythmiques, avec les temps morts, et force est de constater que ce trio (avec Stephan Crump et Marcus Gilmore) a réussi à merveille.

Hood est pour moi le morceau le plus tendu de l’album. Le rythme en est presque suffocant donnant l’impression de ne pas tenir, de tomber, de se terminer. Mais toujours il tient, il se poursuit, il se construit. Et l’attention est captivée de la première à la dernière seconde, sans aucun moment de répit – on se prend même à respirer à nouveau lorsque le morceau de termine, épuisé par un tel déséquilibre.

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#3 – Makaya McCraven “First Thing First”

Makaya“In The Moment” de Makaya McCraven, que Dégoters t’avait fait découvrir en mai dernier, et pour moi l’album Jazz de l’année (…mais cela sera l’objet d’un prochain post).

Makaya McCraven, américain, née en 1983 à Paris, élevé dans le Masschusetts, vivant à Chicago depuis 2007 est batteur et producteur. Il puise ses influences autant dans le jazz que dans le hiphop (dans le même esprit que peut le faire Madlib).

Ce morceau First Thing First est une merveille rythmiqe qui va te passionner et t’hypnothiser: impossible de se dégager du rythme et du morceau, et malgrés ses quelques 12 minutes, Makaya va t’ accrocher les oreilles doucement, insinueusement et tu te surprendras à tenter de jouer le rythme avec lui.

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#2 – Nicholas Payton “L for Melvin Lastie”

Nicholas PaytonNicholas Payton est pour moi l’enfant terrible du Jazz, celui derrière #BAM, celui qui provoque en le disant mort, celui qui le définit comme de la pop archaïque, celui qui nous avait abasourdie avec “Numbers” en 2014 et qui nous fait nous incliner avec “Letters” en 2015.

C’est aussi celui qui n’a pas son pareil à la trompette aujourd’hui, mais qui se met de plus en plus aux claviers. Et c’est surement pour cela que Letters est si frustrant : je le voudrai uniquement à sa trompette, encore et encore, il y est divin, sérieusement.

Ce morceau L for Melvin Lastie va te faire adorer Nicholas Payton et aussi peut-être comprendre ma frustration de ne pas l’entendre plus à la trompette : il joue la première partie du morceau aux claviers pour ensuite se mettre à souffler dans son instrument de prédilection. Et là, chaque note, chaque nuance est parfaite. Il joue avec une simplicité parfaite, naturelle, divine.

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#1 – Omer Klein “Yemen”

kleinOmer Klein, pianiste et compositeur, tient son inspiration du Modern Jazz mais aussi de ses racines orientales. Il est né et a vécu sa jeunesse en Israël pour ensuite finir ses études musicales à Boston puis New York. Il vit maintenant à Düsseldorf. A chaque fois il se fait remarquer et son talent impressionne : aussi bien au Blue Note qu’au Jazz at Lincoln Center à New York. Pas mal !

Pour « Fearless Friday », son sixième album, Omer est accompagné d’Haggai Cohen-Milo à la contrebasse et d’Amir Bresler à la batterie. Le trio s’est formé début 2014 et apparemment, ça a fait clic tout de suite entre ces trois-là.

Yemen, 2ième titre du CD, a tout d’abord paru comme un solo au piano sur un album de 2009 (« Heart Beats »). C’était bien, très bien (même si beaucoup plus court) mais cette version en trio de 2015 est parfaite. Deux parties : tout d’abord la présentation du thème pour ensuite laisser chacun des membres accélérer et improviser. Ce qui accroche tout de suite c’est le plaisir et la complicité avec lesquels ces trois-là jouent ensemble ; ç’en est palpable dès les premières secondes du morceau et le plaisir se transmet immédiatement. Ça va te donner le sourire aux lèvres pendant toute la vidéo et pour bien longtemps après !

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